Fin 2011, où allons nous ?

24 NOVEMBRE 2011

    Pendant que la centrale de Fukushima crache dans les eaux et les airs un poison officiellement sans conséquence pour la santé des hommes, d’après les autorités bien informées, d’autres fuites dites bénignes traversent nos atmosphères de ci de là, mais chut ! La critique et l’information réelles sont financièrement reconnues d’inutilité publique sinon, la sacro sainte indépendance énergétique serait en danger, ainsi que le rendement des actionnaires du nucléaire qui, comme nous l’avons tous remarqué, est prioritaire sur la sécurité publique.

    L’ablation du poumon de la planète (forêt amazonienne) s’effectue dans l’indifférence quasi générale. Un peu partout sur terre un feu anti-écologique, alimenté par une minorité guidée par la cupidité, la bêtise, l’ignorance voir les trois à la fois, consume notre écosystème. Quelques bonnes volontés, un verre d’eau à la main, tentent vainement d’enrayer sa propagation sous les quolibets et les insultes ou dans le meilleur des cas sous l’œil indifférent d’une majorité assistant au spectacle de sa mise à mort.

    Quelques dirigeants mégalomanes fabriquent, sur le dos de leur population, leur petite bombinette nucléaire qu’ils rêvent de faire péter chez leurs voisins, donnant ainsi un prétexte à ceux qui, sous couvert d’une pseudo liberté des peuples, rêvent de les envahir afin d’en piller les richesses naturelles. La peur répandue par les terroristes ou les dictateurs mis en place par les pays dit (Démocratique) permet aux dirigeants de ces derniers de déclencher des guerres qui sont un excellent business pour leur portefeuille et pour leurs amis les marchands de canons. 

    Les banquiers, avec la complicité bienveillante des dirigeants nationaux, jouent chaque jour à la roulette russe avec la stabilité des pays en entraînant les populations dans la misère avec l’assistance et la protection de la rigueur policière. Les indignés, manifestants pacifiques se font charger et maltraiter par les forces de l’ordre sensées, à l’origine, protéger la démocratie et les citoyens contre les injustices.

    Les cultures chimiques ont pris l’aval sur les cultures naturelles pour le plus grand bonheur des firmes semencières et des laboratoires producteurs de placebo ou de pilules assassines. Il est maintenant devenu naturel d’appeler restaurant ces mangeoires transgéniques que sont les Mac do et autres Quick. Les écoles ferment petit à petit pendant que de nouvelles prisons s’ouvrent. Les professeurs sont agressés par leurs élèves avec le soutient de leurs parents irresponsables qui,  depuis longtemps, ont jeté l’éponge quant à l’éducation de leurs infectes progénitures. Les frères et les sœurs se trahissent pour la table ou les chaises d’un héritage, les enfants traînent leurs parents en justice pour non assistance à leurs incompétences et les soins tout comme la nourriture et le logement sont devenus un luxe réservé aux travailleurs précaires ayant un salaire temporairement décent. 

    La destruction du bouclier social, progrès incontestable de la condition humaine, c’est faite au bénéfice d’une poignée de financiers étranglant le monde sous des dettes fictives qu’ils ont eux-mêmes créé par le biais de produits boursiers véreux. L’emballement de la paupérisation ainsi provoqué, afin d’asseoir leurs pouvoirs totalitaires, déclenche un peu partout les feux de la révolte. Cela leurs permet d’installer une dictature politique et donner quitus pour l’utilisation de la force armée afin de canaliser les récalcitrants sous couvert de sécurité nationale. 

    Politiquement parlant, ce n’est guère plus brillant. Les élus de tous bords s’accrochent à leurs fauteuils et s’arc-boutent sur leurs acquits, s’engraissent aux lobbies en s’assoyant vaillamment sur ce pourquoi ils ont été élus. Les quarante voleurs sièges aux assemblés. Les écologistes échangent des postes contre des centrales nucléaires, la droite n’en fini pas de taper sur les plus faibles quant à la gauche socialiste, elle aussi, a fait allégeance aux marchés et n’a plus de social que le nom … Messieurs les politiques sachez que pour étayer ses propres espoirs, il faut savoir en donner aux autres et non comploter que pour soi même, mais vous êtes plus hommes à rechercher les effets qu'à vous préoccuper des conséquences. Votre éloquence, tout comme la prostitution ne doit l’étendue de son effet qu'à l'usage de certains artifices. Vos jugements sont catégoriques, chaque chose porte une étiquette soigneusement libellée, à votre niveau vous n’avez que des certitudes. Fasse qu’à défaut de nuances vous puissiez avoir le sens de la mesure en méditant cette phrase de J. Hendrix : « Lorsque le pouvoir de l’amour dépassera l’amour du pouvoir alors le monde vivra en paix. » 

    Les individus se sont laissés berner durant des années. Hypnotisés par les discours des dirigeants politiques, relayés par les médias distillant le poison des fausses nouvelles dans l’information afin de conditionner le téléspectateur abreuvé d’émissions débiles, de jeux frisant la crétinerie et des sacro-saints sports de divan (Foot, tour de France, Open de tennis ect…) ont suivi tels des ovins le berger, expert dans l’art de jouer de la flûte et du pipeau, qui les guidait doucement vers l’abattoir de la misère. Pour éviter de tels drames, des mesures cœrcitives comme l’interdiction de passer plus d’une heure par jour devant un écran quel qu’il soit, auraient sans doute du être prises afin d’éviter la perte du contact et du dialogue humain. Combien ne regarde plus leur femme, leur ville, ne parle avec leurs enfants le nez dans leur ipad V3, le Iphone V5 collé à l’oreille ou les yeux rivés devant cette arme de déstructuration massive qu’on appelle la télévision ?

    Il parait qu’Allah Akbar bien que l’on tue encore en son nom, qu’à Pâques Urbi et Orbi sont dans le même bateau et qu’il est interdit de le remettre en question, que le Yom Kippour devient de plus en plus sélectif surtout en Palestine et que le seul maître devant lequel les hommes se prosternent et que nous voyons régner aujourd’hui sans partage, s’appelle le marché monétaire. Quant à Dieu, il est bien pratique, il est l’alibi justifiable à l’injustifiable. Le besoin de trouver un coupable à l’inexplicable. Les astrologues mettent bien leurs délires sur le dos des planètes, il faut bien trouver des responsables. La faculté de l’homme à se dédouaner des effets produits par ses actes est sans limite. L’individu, n’a aucune excuse car croyance ou pas, la nature l’a doté à la naissance de deux présents qui sont premièrement : le libre arbitre, car on a toujours le choix, même si celui-ci n’est pas facile et deuxièmement : une conscience. On peut mentir à tout le monde, ses amis, sa famille etc … Mais on ne peut mentir à soi-même car, nous savons tous intérieurement quand ce que nous faisons est bon ou mauvais.

    La seule dignité de l’homme tient dans sa révolte tenace contre sa condition. Par nos choix ou nos non choix, nous sommes collectivement responsables de l’état de ce monde. Vouloir le changer globalement sans vouloir se changer individuellement est aussi irréaliste et inconséquent que de vouloir capter une rivière dans un seau. Agir individuellement en pensant globalement voilà la solution pour l’amélioration de celui-ci. L’unité n’a de valeur réelle que par ce qu’elle apporte à la collectivité. Ce que nous pensons bon aujourd’hui devrait guider notre attitude ici et maintenant. Si nous ne le faisons pas pour nous, faisons le pour nos enfants. Ce n’est pas une question de morale, de sens du devoir ou de quelconque idées politiques, philosophiques ou religieuses mais simplement, parce que cela est le sens naturel de la vie.

     "Et moi, je me suis retourné pour voir tous les actes d’oppression qui se commettent sous le soleil, et, voyez les larmes des opprimés, mais ils n’avaient pas de consolateur et du côté de leurs oppresseurs il y avait la force, de sorte qu’ils n’avaient pas de consolateur. Et j’ai félicité les morts qui étaient déjà morts plutôt que les vivants qui étaient encore en vie."           

                                                                Extraits de l’ecclésiaste