L'agonie des cités

06 Novembre 2012

       Je pleure ma cité. A l’origine petit village à l’orée de la grande ville avec ses tours de béton, certes pas très esthétiques mais fonctionnelles, offrant un toit à chacun. A ses pieds, il y avait le petit marché dominical et multicolore aux senteurs d’épices et de fruits frais, ses habitants de toutes origines et de tous horizons, son parc de verdure avec ses balançoires et son jeu de boules, ses petits jardins maraîchers où l’orient et l’occident venaient y planter et faire pousser une nature aussi diverse que variée et, où le soir autour d’une table commune se retrouvaient voisins d’un même palier, Espagnols, Français, Maghrébins, Polonais…

       Cette cité bigarrée, ce joyeux petit coin de solidarité et d’entraide à la lisière d’une ville folle et pressée était un exemple de communauté. C’était un lieu où le curé, l’imam et le rabbin palabraient en paix, où l’ouvrier, le petit commerçant, l’artisan et le syndicaliste se chamaillaient gentiment autour d’un verre à l’heure du dîner sur les résultats du tiercé, du dernier match de foot ou de la météo. C’était le temps ou l’école avait encore un sens pour ses enfants, ou le docteur et l’infirmière étaient accueillis avec impatience et respect. C’était le temps où l’humanité avait encore droit de cité…

       Puis est arrivée la première crise destructrice d’emploi, suivie d’autres de moins en moins espacées dans le temps apportant leurs lots de précarité et de frustration. Ajoutons à cela l’abandon des politiques pour ces couches de population modeste, le profit immédiat et l’enrichissement à tout prix broyant les plus faibles et les plus honnêtes.

       Le père de famille au chômage gagné par la honte et ayant perdu son autorité parental, la mère à faire des ménages à des heures indues pour des salaires de misère, les gosses errant tard dans la nuit à s’organiser dans la bidouille, la débrouille avant de sombrer dans le deal et la violence.

       Quelques années de ce régime libéral sans foi ni loi ont suffi à faire de ce lieu de vie un no man's land pour caïds violents semant la terreur afin de faire le sale business en toute impunité. Tel un cancer, armes, drogue et prostitution ont vérolé peu à peu les quartiers de la cité.  

       Les fous d’Allah s’y sont installés pour prêcher l’intolérance et la haine de l’autre. Ils trouvent dans le vide de leur tête l’idée d’effacer les dernières traces de vie commune. La charia est leur leitmotiv et gare à la femme qui veut vivre sa vie, s’émanciper. Ce n’est pas avec des gens éclairés qu’on commet des massacres, il faut la haine, de l’aveuglement et un bon réflexe à la démagogie. A ce train là, sans application des lois de la république, certaines cités seront bientôt placées sous juridiction islamique et l’état devra se battre pour les garder à l’intérieur des territoires de la république.

       Les politiques, trop occupés à servir la finance et accrochés comme des morpions à leurs carrières, se considérant au point d’être le sujet et l’objet principal ne voient pas l’incendie qui va bientôt ravager le pays. Ils sont si forts pour substituer un problème à un autre au mépris du genre et du degré. Avec l’aide des médias aux ordres, ils endorment avec des fables le citoyen devant son téléviseur.

       J’en veux aux financiers d’avoir réduit mon voisin à la misère, d’avoir fait de ses enfants des imbéciles incendiaires.

       J’en veux aux politiques d’avoir cautionné cela et de laisser pourrir la situation en abandonnant des pans entiers du territoire de la république aux voyous que leurs inactions ont fabriqué.

  J’en veux à ces fanatiques, fous analphabètes comme des ânes osant se réclamer de Dieu et qui sèment la terreur avec leur charia à la con.

       Toutes ces ordures ont détruit ma cité et ses habitants, les balançoires sont cassées, les bus brûlent, les cages d’escaliers sont squattées par des petites terreurs illettrées, les associations de quartiers sont parties, le docteur et les pompiers n’y interviennent plus, la police et la poste ont déserté…  

       La majorité de ses résidents étaient de braves gens qui ne demandaient qu’à vivre en paix avant que la cupidité financière ne vienne détruire leurs emplois, avant que les politiques ne les abandonnent, avant que des abrutis sectaires bouchés à l’émeri se cachent derrière la religion pour les priver de liberté. Avant que les petits caïds ne fassent régner la terreur afin de protéger leurs petits commerces parallèles.

       Partout en France dans les banlieues où les cités sont livrées à elles-mêmes, des dizaines de poudrières humaines sont prêtes à exploser, alors attention, car lorsque les cités s’enrhument, le pays crache du sang.