Le réveil d'une conscience

11 JUIN 2014

     Cette histoire est une pure fiction. Le personnage principal n’existe pas, n’a jamais existé, n’existera sans doute jamais et, c’est bien dommage…

    17 juillet 2014 à la tribune de l’assemblée nationale, la parole est au député socialiste Monsieur Daniel Réveil.

    Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les députés, je me présente aujourd’hui devant vous pour un examen de conscience. Après plusieurs années passées dans les rangs de cet hémicycle à défendre et croire en la politique et la démocratie de mon pays, je viens devant vous pour vous annoncer ma démission en tant que représentant de la nation et déchirer sous vos yeux ma carte du parti socialiste. Que les gens de l’opposition ne se réjouissent pas trop vite car, si eux aussi interrogeaient leur conscience, ils seraient bien inspirés de faire de même.

    J’ai cru pendant de nombreuses années pouvoir, au sein de ce parti qui ose encore se prétendre socialiste et se réclamer de Jaurès, changer la vie de mes concitoyens en l’améliorant. Il s’avère que l’histoire récente et les évènements actuels me donnent tord et qu’il est impossible de continuer à croire aux promesses du jour qui ne sont que les mensonges du lendemain.

    Notre pays qui, durant la première moitié du siècle, représentait grâce à la révolution française de 1789 et ses principes fondateurs que sont la liberté, l’égalité et la fraternité un modèle et un idéal dans le monde pour les peuples en dictature, ne rayonne plus aujourd’hui de cet aura car, nous les hommes politiques de tout bord, l’avons terni par nos trahisons et nos renoncements. Nous, représentants du peuple avons été élus par lui pour conduire la politique et le modèle de société qu’il a choisit démocratiquement hors, qu’avons nous fait une fois élus si ce n’est bafouer cette démocratie et cette confiance accordée en trahissant notre parole et en lui volant la sienne lorsque nous avons jeté aux ordures le résultat du traité de Lisbonne. Cela était et est encore digne des pires républiques bananières.

    Notre président actuel tout comme l’ancien et ses prédécesseurs n’ont fait, durant ces cinquante dernières années, que défendre les intérêts privés. Les hommes politiques, de représentants du peuple qu’ils devaient être, ont bafoué leur serment en s’accoquinant avec les industriels et les lobbies de tout bord et en devenant les valets de la finance internationale. Ils ont oublié leur statut de serviteur de la nation en confondant pouvoir et délégation de pouvoir. Ils ne cherchent et n’inventent plus de solutions mais imposent et cumulent des lois liberticides et des contrôles afin d’assoir une dictature qui tait son nom. Répressions et punitions sont mises en place sous des faux prétextes de sécurité. Pendant ce temps, des masses importantes d’argent sont détournées par une oligarchie dirigeante ne pensant qu’en termes de bénéfice à court terme en se moquant radicalement des conséquences désastreuses pour l’homme et sa planète.

    Vous avez volez la démocratie au peuple en vendant notre nation à l’Europe, l’OTAN et au FMI qui sont les serviteurs de Etats-Unis pays qui veut instaurer une dictature commerciale et financière sur le monde, pays qui depuis plus d’un demi-siècle n’a pas passé une année sans déclencher directement ou indirectement un conflit à un endroit de la planète. Pays envahisseur qui sous le faux prétexte de liberté va piller les matières premières des pays d’Afrique.

    Chaque jour, les décisions prises engendrent des effets catastrophiques et dévastateurs pour la vie de millions de citoyens. Partout en Europe les pays s’appauvrissent et tombent en récession. La Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie sont au bord de l’implosion. Des millions de nouveaux pauvres n’ont plus de quoi se loger, se nourrir, se soigner pendant que des fortunes se multiplient.

    Vous endormez le peuple avec une dette à rembourser que vous et vos amis banquiers avez créé de toute pièce afin de voler et spolier le travail et la sueur des citoyens qui ont bâti ce pays et qui payent les privilèges que vous vous êtes octroyés. Vous dites que nous vivons au dessus de nos moyens mais c’est vous qui en confisquant ceux du peuple vivez au dessus des vôtres. Comment pouvez-vous avoir l’indécence de demander à un smicard ou un retraité vivant avec moins de mille euro par mois de faire les efforts que vous ne faites pas vous-même ?

    Le chômage explose car, l’industrie s’est modernisée et l’exploitation des travailleurs émigrés sans papiers et sous payés est à son apogée avec votre consentement tacite et bienveillant vis-à-vis d’une bande d’exploiteur vers qui vous prenez vos consignes et qui exigent, par l’odieux chantage à l’emploi, la destruction des acquis sociaux et des lois du travail. Ceux qui ont versé leur sang pour que la condition humaine s’améliore doivent se retourner dans leurs tombes sur lesquelles actuellement vous crachez.

    Vous voulez signer des traités de libres échanges commerciaux à genoux et face contre terre devant les Etats Unis en nous faisant croire que c’est au nom de la liberté d’entreprendre et de commercer alors, que la seule liberté que vous défendez est celle du renard dans le poulailler. Dans cet ignoble accord, une société marchande pourra porter plainte contre un état si celui-ci refuse la distribution de ses produits sur son territoire. Ainsi, il en sera fini de la protection de sa population et des firmes comme Monsanto pourront déverser leur poison partout dans le monde.

    J’avais rêvé d’un monde meilleur où, le bénéfice généré par les machines remplaçant les travailleurs serait justement répartit dans la communauté, où le temps gagné par celles-ci serait offert aux hommes et aux femmes pour élever leurs enfants et s’occuper de leur famille. Au lieu de cela, les bénéfices ainsi acquis, servent à mettre au chômage et réduire à la misère chaque jour des milliers de personne et à enrichir honteusement et au-delà du concevable et du convenable un sérail de nantis.

    La politique est un noble art, son but originel est d’améliorer la vie des citoyens. C’est la tache ultime et unique de l’élu sensé les représenter. Vous en avez détourné les fondamentaux. Vous ne faites plus de la politique mais du commerce, vous avez remplacé l’humanisme par de la comptabilité et sacrifié la communauté sur l’autel des profits individuels. Aujourd’hui, par votre faute, sur le fronton des mairies nous pouvons remplacer les mots : « Liberté, égalité et fraternité » par « Esclavagisme, inégalité et individualisme » car la politique que vous imposez est devenue une machine à désespérer les hommes…

    Après avoir écouté vos discours, de gauche comme de droite, sur sa vision de l’économie et l’avenir de l’espèce humaine dont vous n’avez finalement que faire, je ne peux qu’amèrement constater que les cerveaux qui les émettent semble être le concentré de plusieurs années de clochardisation mental nourris à la politique perroquet. A partir de cet instant, le constat fait que tout échange verbal ou débat d’idées est devenu impossible.

    Ici prend fin ma carrière politique avec ce discours. J’ai gardé mon idéal tout en perdant mes illusions, je n’ai plus rien à faire dans cette assemblée où siègent en maitre les quarante voleurs. Je demande pardon à mes électeurs pour mes acquiescements aux décisions que j’ai imaginé bonnes mais qui ne l’étaient pas, d’avoir cru que nous allions changer et que devant autant d’erreurs, de désastres et de mensonges nous allions enfin ouvrir les yeux et servir la nation et son peuple mais, il n’en est rien... Comme vous pouvez le constater, non content d’ignorer que les bateaux France et Europe foncent droit dans les icebergs, leurs équipages inconscients, ivres de pouvoir et de richesse sabotent les navires en faisant du feu dans la cale sous l’œil prétentieux et imbécile de leurs capitaines.

    Petit rappel, ceci est une fiction car, le propre du politicien menteur est de continuer ses mensonges tant qu’il en tire profit…