Le tueur fou

06 JANVIER 2014

     C’est un tueur en série, un génocidaire, un épurateur ethnique. A lui seul, il a fait plus de morts que tous les dictateurs de toutes les époques réunies. Ses alliés sont les dirigeants politiques de tous bords, les médias et l’indifférence des uns vis-à-vis des autres. Il déforme tous les préceptes humanitaires (Spiritualité, écologie, droit de l’homme, altruisme et liberté) pour s’en servir à des fins mercantiles. Il déclenche des guerres, attise les haines, active le nationalisme et le communautarisme afin d’effectuer tranquillement son pillage dans le dos des belligérants qu’il a envoyé au chômage, à la misère ou à la boucherie. Il a fait de ce monde une fosse aux serpents, une arène pour gladiateurs fous où tous les coups sont permis et où la faucheuse vient moissonner sans préavis. 

     

     Ce tueur, c’est le système capitalisme assoiffé d’argent, celui qui ne cesse de cumuler ses richesses matérielles parce qu’il n’en n’a jamais assez. C’est un ogre inassouvi et jamais repu. C’est le modèle parfait d’un système où la rapacité prévaut sur la nécessité. 

     

    Certain parle d’humaniser le capitalisme mais peut-on humaniser un système dont la seule raison d’être est le profit ? Un système dont les principaux acteurs et dirigeants refusent toutes règles de contrôle et n’acceptent aucune limite à la possession et à l’accumulation des richesses qu’ils captent jusqu’à l’overdose. Aujourd’hui, nous voyons le résultat et constatons les dégâts humains occasionnés par un tel mode de société. Le capitaliste a désagrégé l’humanité, il a transformé la société en un conglomérat d’individus sans liens, sans relations et n’ayant pour mobiles que l’impulsion de l’égoïsme. Son idéologie diffusée en boucle par les médias et mise en pratique ont des effets et des conséquences morales et culturelles désastreuses sur la vie quotidienne des gens ordinaires. Le capitalisme a modelé de façon perverse la communauté en classifiant l’être humain en trois catégories : « Un consommateur captif, un travailleur esclave dépendant et une variable d’ajustement financière afin de contenter l’actionnaire ». L’individualisme libéral qu’il génère anesthésie toutes formes de solidarité exceptée peut-être, celle furtive et occasionnelle de la petite pièce glissée dans la main du SDF que l’on ne regarde pas dans les yeux tellement la honte et la gêne nous submergent ou, celle du chèque annuel envoyé à la grande messe médiatique hypocrite et pleureuse des téléthons, qu’on n’oubliera pas de défalquer de ses impôts, afin de se prévaloir d’une bonne conscience à bon marché.

        

     Bien sûr il n’est pas question ici de faire l’apologie du système inverse et tout aussi exécrable déjà testé qu’est le communisme. Entendons-nous bien aussi sur les termes communisme ou socialisme empruntés par des politiques au travers de l’histoire afin de prendre le pouvoir et qui, en y réfléchissant bien, n’était rien d’autre qu’une forme de capitalisme poussé à son paroxysme et qui aboutissait tout naturellement et de fait à une dictature. Car dans l’histoire, il n’y a jamais rien eu d’autre que le capitalisme larvé se travestissant de toutes les apparences et se drapant dans tous les concepts afin d’assouvir son inépuisable appétit.

       

     Ce système totalitaire et appauvrissant pour les populations ne devra sa survie qu’à la mise en place d’une politique policière et répressive, par le vote de lois liberticides sous couvert de sécurité nationale, par le contrôle total des grands médias, par l’endettement des pays et par l’application de politiques de rigueur conjointes réclamant licenciement et anesthésie des systèmes sociaux. Tout cela est en train de se mettre en place actuellement sous nos yeux et sous l’égide d’une Europe vassale des Etats Unies d’Amérique qui, elle-même rend compte à ses suzerains : « Les marchés financiers ». Attention l’homme ne risque pas de s’endormir dans un monde totalitaire mais de se réveiller dans un univers qui l’est devenu durant son sommeil et de fait, suite à notre inaction, nous ferons bientôt l’autopsie de nos démocraties.

     

     Une autre tare du système capitalisme est son aveuglement imbécile basé sur le productivisme et le consumérisme exponentiel qui accouche des conséquences suivantes : Assèchement des matières premières, obsolescence programmée des biens de consommation, pollution et destruction de l’écosystème et création de chômeurs sans revenu qui sont autant de clients potentiels en moins. Je ne résiste pas à ce petit problème de niveau CM2 : « Mon usine compte 6000 salariés dont 6000 sont clients, j’en licencie 3000 qui perdront leurs salaires et je distribuerais les économies générées par cette action anti sociale à 2 actionnaires qui immédiatement s’enrichiront mais, bilan j’aurais perdu la moitié de mes clients.

     

     Il est tant, soit de changer de système économique, soit d’y appliquer des règles restrictives quant à la possession et la captation de biens à titre individuel. De procéder à une répartition juste et équitable des richesses produites en fonction du savoir et des efforts de chaque participant.

  

     Quelques exemples à mettre en œuvres : Partager le temps de travail restant en initiant par exemple la semaine de trois jours afin que tout le monde puisse participer à l’économie nationale et avoir les moyens de s’assurer une vie décente. Mise en œuvre des projets productifs n’ayant aucun impact négatif sur l’environnement et la santé. Prohiber la spéculation sur les matières premières et fiscaliser lourdement celle à court terme. Priorité haute aux énergies renouvelables. Toujours favoriser les productions de proximité afin de recréer des microsystèmes économiques au niveau local et départemental qui limiteront tout naturellement l’empreinte carbone et revitaliseront le tissu économique et social des régions.

        

     Naturellement les profiteurs et jouisseurs du système actuel vont pousser des cris d’orfraie en hurlant à l’inconscience de tels propos, aussi je me permettrai tout de même de leur faire remarquer que ce sont leurs idées qui nous ont conduit aujourd’hui à cette impasse et quand j’entends le genre de slogan du travailler plus (pour l’ouvrier évidement) pour gagner plus (pour l’actionnaire évidement) alors que leur politique capitaliste détruit chaque jour des milliers d’emplois sans en créer je me dis que, soit ils sont stupides, soit ils sont foncièrement malhonnêtes (Je pense que nous avons tous notre petite idée sur la réponse). Le second argument qu’ils utilisent c’est qu’on ne peut rien faire au niveau d’un pays, qu’il faut se plier aux lois Européennes et que le monde est un village etc … Le blabla habituel. Donc, merci de ne rien changer car pour eux, tout va bien.

     Conclusion : « Messieurs les capitalistes fous, vous finirez comme tout le monde au cimetière dans le dénuement le plus total et je doute que les vers fassent la différence. Je sais aussi que votre absence de conscience vous permet le meilleur des sommeils mais, avant qu’une révolution sanglante éclate par la faute de votre avidité et de votre cupidité, vous risquez d’avoir des cauchemars dus à la colère des peuples en manque de justice. N’oubliez pas, ventre affamé n’a plus d’oreille et lorsque l’on crève de faim, on se moque des discours, des éloges ou des oraisons car rien aux yeux des jeuneurs ne vaut l’illusion d’un repas ».