Ballade en décadence

14 AVRIL 2015

     Je traverse un monde de fiction où les pays sont bradés aux délinquants en cols blancs, sniffant des lignes de poudre euphorisante, aux ordres d’une richissime caste pillant la planète en lisant le Talmud et s’abritant derrière l’excuse d’une chaotique Shoa afin de laver leurs mains criminelles des innommables et innombrables péchés dont ils sont, chaque jour, les auteurs. Secondé par des bandes de barbares régnant sur les cités par l’intimidation, la violence et le commerce parallèle. Initié par les gouvernements successifs et irresponsables qui ont abandonné la laïcité au profit du communautarisme et qui nous ont fabriqué des barbus fous, prédicateurs de caves, s’excitant dans leur djellaba en crachant haineusement leurs perverses morales.

 

     Des terroristes islamistes, créés et armés par l’avidité et l’hypocrisie des puissances occidentales, tuent un peu partout dans le monde. De l’égorgement sur YouTube à la ceinture piégée dans des bus scolaires, tout est bon pour justifier l’injustifiable. Leur sale guerre est une guerre de lâches qui n’osent pas s’attaquer aux vrais responsables. Légitimé par une méconnaissance et une adaptation fantaisiste d’une religion sur mesure pour assassins illettrés, ils se cachent derrière un dieu qui les rejette car leurs colères et leurs bêtises fait gerber Allah. Les nostalgiques du troisième Reich et de la race pure ne sont pas non plus en reste dans le domaine de la bêtise et de la destruction, voir Norvège 2011. Tout ce beau monde veut imposer ses lois, standardiser nos consciences, robotiser nos modes de vie.

 

     Dans les villes, il plane en permanence une odeur d’essence, de gasoil et de solitude. Les particules cancérigènes ont tissé un voile de pollution sur l’horizon, teinté le ciel d’un gris plomb et chacun, à tort, croit ses poumons bien à l’abri dans son automobile. Les terrils et les décharges sauvages le long des périphériques saturés côtoient les camps de déracinés et les jardins ouvriers abandonnés et colonisés par une anarchique végétation. Dans les zones industrielles, des monstres d’acier ligotés dans un enchevêtrement de tuyauteries vagabondes, jadis entretenus par des milliers de besogneuses petites fourmis humaines que la mondialisation du commerce et de la libre concurrence a broyé, rouillent, vacillent et se gèlent sous le névé des hivers successifs. Le béton des barres HLM délimite les mégapoles. A la frontière des villes, les zones marchandes ont envahi et lacéré la campagne à coup de panneaux publicitaires mensongers gangrénant la beauté des paysages par leurs excès de mauvais goûts. Il y a bien de temps en temps un petit marché de maraîchers provinciaux pour égayer la cité mais, plus personne n’y croit. Le cafard citoyen s’est généralisé. Chaque matin le pékin moyen va se faire presser par son travail avant de rentrer, épuiser, se noyer dans son lit et oublier sa vie qu’il déteste en jouissant sur le malheur d’autrui aux travers des téléréalités, nouvelle culture des médias poubelles. S’évader et se croire libre en s’emprisonnant dans des jeux vidéo afin de se recréer chaque soir une vie rêvée et oublier la lâcheté d’assumer la réelle à laquelle il fait défaut par paresse.

    

     Dans les hypermarchés bondés vomissant leurs promotions de surplus, ces magasins de téléphonie où des zombis, l’âme atrophiée mais les yeux avides, viennent acquérir à prix d’or tout l’inutile qui leur est devenu indispensable. La maladie de l’époque se nomme consumérisme. Elle ronge la moitié de l’humanité, celle qui s’endettant pour des futilités regarde à la télé l’autre moitié crever par manque de pain, d’eau ou de soin. Inconsciente des dégâts qu’elle occasionne, elle court de chimère en chimère l’insatisfaction chevillée au porte monnaie jusqu’à son coin de cimetière. Quelques petits filous, les coffres pleins, alimentent à coup de pub et de prêts usuriers la schizophrénie générale, la fièvre acheteuse afin d’acheter d’autres coffres pour les remplir et dont le contenu permettra d’acheter d’autres coffres pour les remplir et dont le contenu etc… A-t-on déjà vue plus aliénant ? La faculté de penser ainsi que la réactivité face à l’endoctrinement s’arrêtent le chez le poisson rouge de l’autre côté du bocal et chez le consommateur dépité devant la prochaine vitrine fardée comme une prostitué aux néons bicolores qui lui lance des clins d’œil aguicheurs. Sainte consommation vient vomir sa litanie sur les affiches, dans les hauts parleurs et les écrans de télé. Le sort de l’humanité actuelle est donc scellé.

     Une caste d’industriels ignorant les bouleversements écologiques en cours, associée à une minorité travestissant la vérité sur les changements climatiques dus aux comportements imbéciles, égoïstes et suicidaires, continuera donc à surproduire, asséchant les ressources de matière première et alimentant de façon exponentielle les déchets et rejets polluant la terre, l’air et l’eau. Concernant les énergies assassines, nous avons deux parfaits exemples avec le pétrole et le nucléaire. Le premier, pollueur des océans et des terres pour qui l’on massacre des peuples entiers en envahissant leurs pays pour se l’approprier, l’autre dont les déchets sont un cadeau mortel pour les générations futures et dont l’homme est dans l’incapacité d’arrêter les catastrophes. La production de l’alimentation est de plus en plus le monopole de grosses sociétés qui n’hésitent plus à utiliser des produits de synthèse nocifs à la santé pour accroitre sans fin leurs bénéfices. Il en va de même pour les laboratoires pharmaceutiques vendant à prix d’or le droit de guérir, le droit de vivre. Après tout, qu’est ce que la vie ? Qu’est ce que la nature et sa protection face aux bénéfices immédiats que chaque destruction génère ?

     La frontière en masculin et féminin se trouble, une sexualité débridée se généralise et fait face à une intransigeante bigoterie ultra moraliste s’effrayant d’une perte des repaires historiques sur lesquels la société s’était stabilisée durant les siècles derniers. La démesure a tué l’équilibre et se pavane tiraillée entre les extrêmes.

     Politiquement parlant, ce n’est guère mieux. Les voleurs et les lobbyistes sièges dans toutes les assemblées. Le pouvoir démocratique est confisqué par des élites à la solde des grands groupes. Les chefs des partis politiques se trahissent entre eux pour des parcelles d’un pouvoir illusoire. Les peuples fatigués et écœurés ne croient plus en leurs palabres et leurs gesticulations inutiles n’amusent plus qu’eux même et un troupeau d’imbéciles qui les suit bêlant tel des moutons prêts à être tondus.

     Ici s’achève cette balade en décadence, un constat issu d’observation. Un voyageur de l’au-delà est venu me proposer un pacte faustien, trente années de moins m’a-t-il dit, un cadeau royal, une nouvelle jeunesse avec toute l’expérience acquise en échange de mon âme. L’imbécile, il m’offrait une prolongation dans cet enfer, naturellement j’ai refusé. Il ne fut pas déçu outre mesure car il savait pertinemment qu’il trouverait sans problème foule de candidats qui pour, le dernier I phone à l’obsolescence programmée ou pour une gloire télévisuelle momentanée, accepterait…

     Cioran a écrit : « La fin de notre monde apparaîtra quand l'idée même de Dieu aura disparu. D'oubli en oubli, l'homme réussira à abolir son passé et à s'abolir lui-même ». Ce à quoi j’ajouterai avec un humour de circonstance, une pointe de réalisme et une provocatrice pincée de cynisme : « La fin de notre monde est pour demain ! Je vous le confirmerai dès la semaine prochaine…. »