Enfance violée, enfance volée

25 AOUT 2015

          Un Dieu utopique aux confins d’un univers imaginaire lance ses éclairs de rage sur la grande bâtisse grise servant de repaire aux destructeurs de vie, violeurs d’innocence, faiseurs de cauchemars, démons de l’enfance. Colère chimérique, courroux illusoire face à la faute des fautes, au péché des péchés, à l’inconcevable, à l’innommable…

          Une bourrasque courbe les arbustes du jardin, la foudre tombe au loin, la pluie gifle avec fureur les vitres de la chambre du gamin. Une lumière pâle, laiteuse filtre sous la porte tel un spectre, un suaire sale. Il est là, tremblant dans son lit, terré sous ses draps, effrayé par les pas dans le couloir qui se rapprochent de sa chambre. Comme souvent, l’ami de sa mère, profitant de l’absence de celle-ci qui travaille en poste de nuit à l’hôpital, viendra le chercher pour l’emmener dans cette immense et effrayante maison où des adultes font du mal aux enfants de son âge. Il le tire par le bras, l’assoit dans la voiture. Pendant le trajet, il criera, le menacera, lui promettra monts et merveilles car, le salaud sait très bien souffler le chaud et le froid, manier la carotte et le bâton. Le pervers beau père est spécialiste en déstabilisation enfantine, un putain de SS en torture psychique. Eric six ans ne comprend pas ce que ces adultes là lui font et il a peur, il a mal, il a froid. C’est un jeu, mais il ne faut surtout pas qu’il en parle car c’est un secret lui disent-ils sinon, ils seront très en colère contre lui et, plus personne ne l’aimera. Ces immondes individus ont l’art et la manière de faire culpabiliser les enfants qu’ils violentent. Il y a des sommités dans ces rassemblements pour détraqués, des gens importants et bien habillés dans ces soirées, il a même reconnu le monsieur de la grande pharmacie, un autre qui a sa photo sur les affiches en ville et, même un qui passe à la télé. Voilà maintenant deux ans que ces sorties nocturnes sont organisées par l’abject individu qui dort dans le même lit que sa mère.

          A l’école ça ne va pas très fort, la maîtresse a fait venir sa maman pour lui expliquer qu’Eric ne participe pas beaucoup, qu’il ne parle pas, qu’il est taciturne et dessine des choses indéchiffrables, macabres pour son âge. La directrice lui a conseillé d’emmener Eric voir un Psy car, pense t-elle, cela pourrait avoir un rapport avec le divorce de ses parents que l’enfant vivrait mal depuis ces deux dernières années. Vous savez Madame, à notre époque ou un couple sur deux se sépare, les cas comme votre enfant ne sont pas rares, il n’y a pas de quoi vous alarmer… l’enfant porte son fardeau en silence.

   

          A la visite chez le Psy, Eric est tétanisé car il a reconnu dans le praticien un adepte des jeux tordus qu’on lui fait subir. Devant son mutisme et sa peur, sa mère a essayé de communiquer avec lui mais sans résultat. Le taré de la pratique freudienne l’a rassuré en lui disant que ce n’était pas grave, que la séparation d’avec son père et que la préadolescence devait beaucoup le perturber car c’était un enfant très fragile psychiquement et, que pour les prochaines séances, il faudra le laisser seul avec Eric… Ce sale prédateur veut manipuler sa proie. C’est là que l’on s’aperçoit qu’entre l’homme et l’animal, il n’y a pas des différences de nature mais des différences de degré et que parfois, dans l’utilisation de leur cerveau reptilien, siège des mœurs, le second est supérieur au premier dans bien des cas.

          Voilà une histoire sordide parmi tant d’autres qui ne seront peut-être jamais découvertes. Des enfants détruits qui ne se reconstruiront peut être jamais ou, deviendront des adultes refoulés à la libido bancale. Ils vivront avec ce dégoût ancré au plus profond de leurs chairs. Des années de thérapie pour enterrer des années de non dits, des années de souffrance. Il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur et des silences qui sont de dangereux explosifs ! Sous une épaisse couche de cendre fumante, somnole la culpabilité léguée par leurs bourreaux. Des volcans sommeillent mais une lave incandescente charriant un limon de colère, coule et couve dans leurs veines, prête à jaillir à tout instant.

          Ce genre d’horreur n’est pas nouveau, la pédophilie, car c’est bien de cela qu’il s’agit, est un fléau qui détruit l’humanité chez l’homme et l’âme chez l’enfant. A toutes les époques, des malades, des déséquilibrés, des ordures, je ne sais comment les nommer, ont usé de cette perversion. Personnellement, il m'est absolument impossible intellectuellement de comprendre ou d’excuser ce genre de déviance. Cela confirme que le monde est stone et que dans la tête de certains, des fils se touchent. Aujourd’hui, je m’inquiète et m’interroge sur notre époque ou la famille et ses valeurs volent en éclat sous les coups de boutoir de certains lobbies aux fallacieux prétextes de liberté sexuelle. Je crains que notre société ne s’achemine vers la banalisation de certaines pratiques douteuses. Loin de moi de vouloir jouer les moralistes, et je n’ai pas à juger des mœurs et des pratiques sexuelles quand elles s’effectuent entre adultes consentants mais là, des adultes s’en prennent à des enfants.

          Nous savons que des gens très haut placés abusent de mineurs. Que des ministres vont au Maroc ou en Thaïlande assouvirent leurs instincts primaires. Que des députés du parlement européen qui ont retourné leurs vestes de l’extrême gauche révolutionnaire à la position d’atlantiste convaincu aiment un peu trop les petits enfants. Que des représentants religieux, couvert par leur hiérarchie, ont sali l’innocence qu’ils étaient en charge de protéger. Que certains se cachent à peine et s’en vantent en écrivant dans des torchons les envies et les besoins qui les motivent. Malheureusement, ce genre d’affaire est très souvent enterré au plus haut niveau de la justice et de l’état, rappelez-vous l’affaire Dutroux...

          Si l’enfer existe, il a une succursale sur terre peuplée d’adeptes aux cerveaux malades. Un feu distille son venin dans mes veines, mon cœur pleure et ma tête se révolte. Je leurs vomis mon mépris et surtout, que des salauds ne viennent pas me dire ici que des enfants sont consentants ! Nous survivons à pas mal de colères, nous essayons de les remplacer par de l'amour mais il est des cas ou cela surpasse notre volonté. La vie n'est qu'une longue guérison mais devant une telle infection les plaies ne peuvent se refermer qu’avec l’éradication des porteurs du virus. 

          Il n’est pas aisé d’écrire sur un sujet comme celui-ci. Peur de se tromper, peur de choquer, peur de réveiller les démons endormis au fond des âmes meurtries aux risques de provoquer un tourbillon de haines et de rancœurs. Mais, même si cela ne servait qu’à dénoncer une fois de plus, encore et encore, qu’à rappeler pour ne jamais oublier que cela existe toujours aujourd’hui et, parce qu’un enfant violenté se tait alors oui, je prends le risque d’écrire pour lui et peu importe la bienséance et les bien-pensants qui trouvent des excuses à tous les comportements même les pires, moi dans ce cas, je suis atteint d’amnésie émotionnelle, je n’excuse pas.

          A tous les tortionnaires de l’enfance, la vie doucement de vos corps s’évapore, la folie démoniaque qui vous ronge et vous accompagne jamais ne vous trahit, de ce monde en déliquescence où vous jouissez de la souffrance d’autrui, un silence assourdissant dans nos âmes hurle son cri, consumant nos ailes et violant nos esprits. Un doux rêveur se présentant comme le fils de Dieu a dit un jour : « En vérité je vous le dis, tout ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites… ». Je prie et j’espère pour qu’un jour la lumière qui se glisse sous la porte des chambres d’enfants, ne soit plus source de peur mais éternelle promesse de réconfort.