Les judas de la république

30 JUIN 2015

    Chers élus représentants du peuple, je commence cette missive par une contre vérité car il est évident qu’aujourd’hui, vous ne représentez plus grand monde excepté vos petites personnes. Guidés par la cupidité et l’avidité du pouvoir, vous trahissez quotidiennement vos électeurs. Affabulateurs et manipulateurs vous en êtes venus à croire à vos propres élucubrations mensongères que vous nous distillez régulièrement dans les médias avec le soutien et la bonne grâce servile d’une bande de hyènes carpettes qui se prévalent de la prestigieuse fonction de journaliste. Cela porte un nom, la mythomanie. Quelle que soit l’étiquette dont vous vous affublez au départ de votre carrière de bonimenteur, droite, gauche, démocrate, socialiste ou républicain etc…, votre attitude détestable, suite à une carence de conscience évidente, fera que très certainement, vous changerez de camps au gré des opportunités qui profiteront à votre carrière d’arrivistes patentés. Vos convenances politiques ne sont pas pertinentes, vous êtes rongés par une seule ambition, la domination. Mégalomanes, vous avez l’incroyable prétention d’estimer posséder la faculté et les qualités nécessaires pour être de ceux qui peuvent et veulent contrôler la vie des autres.

    Nourris au lobbying, il est évident que votre confort personnel passe avant le bien communautaire dont vous êtes pourtant censés être les garants. Vous nous parlez, sans rire ce qui doit être difficile, de démocratie tout en nous instaurant insidieusement une dictature financière dont vous êtes les petits marquis. Vous manipulez, travestissez et cachez la réalité dans un but unique, la conservation de votre souveraineté et de vos indécents avantages acquis avec la sueur du peuple travailleur que vous saignez. Votre politique est d’une sauvagerie sociale sans précédent, elle s’aggrave d’année en année et détruit le droit des personnes aux profits d’intérêts catégoriels qui ne sont autres que les groupes de pression qui financent vos élections. Vous nous dites que la fonction est difficile et que vous faites don de votre personne à la nation, sans rire, que c’est tellement dur et que devant tant d’abnégation vous méritez notre estime. Seulement voilà, le respect ça se gagne et la réciprocité d’une telle faveur ne fonctionne que sur l’honnêteté, une valeur que ne semble pas faire parti de vos principes. De plus, la rage et la vigueur avec lesquelles vous vous accrochez au pouvoir jusqu’à l’âge de la sénilité me laisse dubitatif quant à votre définition du sacrifice. Votre pratique de la politique, se résume à l’art d’empêcher le citoyen de se mêler de ce qui le regarde et de le contraindre à accepter les lois que vous lui imposez sans son consentement.

   

    Non content de détruire les fondements de notre société, de piétiner ces valeurs fondamentales, de promouvoir une insupportable discrimination économique et sociale, vous vous révélez en plus moralisateurs. Quoi de plus pénible que d’entendre de la bouche de l’escroc, de la canaille, du truand des leçons de savoir vivre, de morale que lui-même bafoue régulièrement avec délectation. Rappelez-nous combien d’entre vous ne paye pas leurs impôts ou ont des comptes planqués dans les paradis fiscaux. Vous faites des lois pour la plèbe mais, bien évidement, elles ne vous concernent pas puisque vous passez le temps de vos mandatures à les détourner. Vos lois ne font pas l’histoire, elles l’assujettissent et votre enrichissement personnel croît avec votre appauvrissement moral. Vous êtes d’inutilité et d’insalubrité publique. A chaque échéance électorale, vous venez vous répandre dans les médias, vous prostituer dans les commerces ou sur les marchés, serrant des mains le visage auréolé de vos sourires carnassiers, glissant le bon mot parmi les ânes qui accourent pour vous féliciter ou être avec vous sur la photo, quelle pitié ! Sachez Messieurs les élus de métier que la prostitution est un noble art que vos pratiques de charlatan dévaluent et salissent. Pour se vendre, il faut du courage, de l’honneur et une certaine intégrité dont vous êtes totalement dépourvus. Chez vous, la politique ce n’est pas pratique de la vérité mais celle du compromis sur le dos d’autrui et, le fait d’embellir vos vies ne vous autorise pas à pourrir les nôtres.

    Vous existez et prospérez comme les doryphores dans un champ de patates uniquement parce qu’une minorité d’idiots aux temps de cerveau disponible vote encore pour vous malgré vos trahisons et malversations successives. Il est absolument étonnant de voir le nombre de vos représentants mis en examen et relaxés puis réélus par des veaux trop préoccupés par les résultats footballistiques que par le sort de leurs communes, département ou pays. Le cas Balkany, mais il y en bien d’autres, est flagrant et révélateur de la bêtise humaine. Vous avez fait de l’urne, dans laquelle tombe les bulletins de vote de ceux qui ont cru en vos promesses, l’incinérateur de leurs rêves, de leurs espoirs et pour cela, l’histoire vous jugera et vous condamnera. Je sais que je vais être traité de populiste, taxé de complotiste, que le tous "pourris" est l’argument des simples mais, à prendre les gens pour des imbéciles, ne vous attendez pas à ce qu'ils vous auréolent d’intelligence. Ce qui me révolte, ce n’est pas tant que vous vous remplissiez les poches avec l’argent durement gagné par les personnes que vous dirigez, bien que cela soit répréhensible, mais plutôt cette morgue, ce mépris des citoyens qui vous ont fait confiance. Ce n’est pas parce qu’ils vous supportent, que vous avez le droit de leur roter vos mensonges à la figure ou de flatuler vos inepties en leur présence. Encore une tare de votre part qu’est cette absence de dignité. Vous êtes soit incompétents, soit corrompus et souvent les deux à la fois et le même jour. 

    Nous vivons une époque où beaucoup d’individus assez cultivés estiment que la vérité ne mérite aucun respect particulier. Cette attitude cavalière est plus ou moins endémique chez les journalistes et les politiciens, deux catégories humaines dont les membres se complaisent dans la production de baratin, de mensonges et de toutes les formes d’escroquerie et d’imposture à leur disposition. Le pays est coupé en trois parties distinctes. La votre, celles des politicards déconnectés de la réalité, vivant entre eux, n’apportant aucune valeur ajoutée concrète à la richesse du pays, carriéristes concentrés sur leurs privilèges. Puis, vient se greffer telle un furoncle purulent, celles des courtisans composés des médias, des syndicats, des artistes, des associations subventionnées, des bobos, des politologues et experts en tous genre, qui comme des mouches sur la charogne, vous gravitent autour, pour espérer recueillir une certaine reconnaissance ou existence, se persuadant de détenir la vérité, sans se rendre compte qu’ils se font lâchement manipuler ou pire encore, l’acceptent. Puis, vient la plus importante, la plus généreuse, celle que vous sacrifiez, l’authentique, celle du peuple, des citoyens qui se débrouillent comme ils peuvent en essayant de garder leur dignité malgré l’absence de la votre. Attention, parce que son sens civique s’épuise, s’érode, se désagrège, à tel point qu’elle ne vote plus. Il est dur de vivre en sachant que les urnes ont servi de machine à laver le linge sale des clans de mafieux au pouvoir. Parce que vous ignorez l’étincelle qui apporte la lumière, elle mettra le feu aux poudres et de la mèche accouchera une montagne de cendre qu’alimenteront vos cadavres. Une fois ce salutaire nettoyage effectué, vous resterez à jamais que de mauvais souvenirs.

    Pour finir, un petit rappel Messieurs les représentants du peuple. La politique fixe le cadre général d'une société organisée et développée, plus précisément, la politique renvoie à une constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement méthodique, théorique et pratique d’une communauté, d'une société. Elle porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, au bien public. La démocratie, ne vous en déplaise, c’est le peuple mais vous lui avez confisqué à des fins mercantiles et vous avez confondu pouvoir et délégation de pouvoir…