Requiem apocalyptique

25 JANVIER 2017

          Petit texte de science fiction et d’anticipation d’un monde imaginaire et imaginé par un plumitif déprimé et certainement déprimant…

 

          Le jour des soldes est arrivé, les fusils sont chargés, les couteaux aiguisés et les ogives nucléaires prêtes à être activer par les idiots qui appuieront sur le bouton rouge de l’apocalypse. Tout est mis en place pour une liquidation définitive du grand magasin terre. La majorité des clients insouciants se rue sur les rayons décorés par l’outrance publicitaire et les fausses vérités du délire médiatique. Les enfants sont assis devant les écrans saturés de réclames, comme des poulets élevés en batterie, le libéralisme les éduque à l’achat compulsif comme seul, unique et indépassable horizon. Les gouvernements successifs, issus du parcours traditionnel : « Déclaration, élection, compromission, trahison » font allégeance à Mammon seul Dieu régnant sur ce misérable caillou perdu dans le cosmos que ses habitants prennent pour le centre de l’univers. Les méga industries de l’armement, de l’alimentaire, de la chimie et de la pharmaceutique règnent sur le monde, leurs bénéfices explosent au détriment de l’équilibre planétaire. Monsanto and Co, Chemical industry, Carlyle Group, pour ne citer qu’eux, assassinent la planète et ses habitants. Ces cadors de la finance, ces rois du business, sourds à l’agonie des peuples, ont oublié que de chaque côté de leur tête ils ont des oreilles pour entendre et au milieu un cerveau pour comprendre ?

 

          Pour façonner l’homme au capitalisme sauvage et au consumérisme effréné, ils ont idéalisé l’individualisme, sacralisé l’égotisme en cassant tous les repaires naturels et sociétaux. Vous ne naissez pas homme ou femme mais vous le devenez. La pensée dominante vous impose la théorie du genre, le reniement de vos origines, l’acceptation des lois liberticides, le religieux et ses exigences communautaires, une misère migratoire qu’ils ont fabriqué exprès avec leurs guerres pour faire exploser la vôtre et, si vous n’êtes pas d’accord, on connait la chanson, vous êtes rangé dans la boite à phobe, europhobe, islamophobe, judéophobe, homophobe pour finir, raciste, antisémite, nazi etc etc…  Derrière la devanture des droits de l’homme, en coulisse ils s’agitent pour mieux vous contrôler et vous mettre en esclavage. Dans les lieux publics chacun se cache derrière son téléphone portable, les climato septiques crachent leurs poumons et les pro-nucléaires chatouillent la queue du dragon. Voyez vous, l'homme est l'espèce la plus insensée qui soit, il vénère un Dieu invisible et massacre une nature visible ! Sans savoir que cette nature qu'il massacre est ce Dieu invisible qu'il vénère. Si la pensée est l’endroit où tout commence c’est parce que le monde physique est l’endroit où tout se termine, ils s’en apercevront bientôt.

 

               Pourtant, quelques essais avortés au travers de l'histoire ont faillis humaniser les sociétés. 1789 fut une révolution qui confisqua un pouvoir royal et clérical mais commit l'erreur de le remplacer par un pouvoir de classe bourgeoise et marchande. La Commune de Paris avec Louise Michel, véritable alizé d'air pur, fut asphyxié par cette même caste de nantis et Thiers l'assassin, fit massacrer les insurgés, de simples citoyens luttant pour la liberté et l'équité. Puis, vint 68 très vite confisqué encore une fois par les mêmes. Les révolutionnaires d'une saison, orateurs du slogan : " Il faut interdire d'interdire ", oubliant que si l'être vivant à des droits il a aussi, en vers sa mère nature et ses frères, des devoirs. Aujourd'hui, ces clowns tristes sont devenus les fossoyeurs des nations et de leurs cultures. Cohn-Bendit est le parfait exemple de celui qui a trahi les idéaux, l'arriviste aux services de ses intérêts propres, l'être abject par excellence. Quant au French Doctor Kouchner, il a sombré dans une charité business plus que douteuse.

            L’humain est devenu une matière première, un consommateur et une variable d’ajustement financière qui alimente les tableurs Excel et son avenir est suspendu aux soubresauts des chiffres à quartz crachant statistiques et résultats boursiers. La société du capital, de l’unique et sa propriété, a inscrit dans les mémoires des ordinateurs son histoire. Sa vérité sera stockée dans le silicium, la lumière viendra du carbone, dans le sable, pour les ethnologues du futur, sommeillera le passage des civilisations disparues. La folie monétaire alimente un typhon meurtrier entrainant dans sa spirale infernale, le climat, la nature, l’homme et sa conscience. Toutes les grandes nations augmentent les budgets octroyés à l’armement. Les grands patrons rallongent leurs salaires et émoluments à coup de millions. Le triptyque banquier, trader, actionnaire se gave en volant les richesses produites par l’immense majorité des travailleurs qui s’appauvrit, se marginalise, se laisse mourir. Vivement que ce grand cirque s'arrête bientôt.

 

          La lucidité nous invite à la projection en avant première de l’enfer sur terre, blockbuster au succès assuré et financé par les familles Rockefeller, Rothschild, Lehman Brothers et consœur... Peu importe les dégâts humains, ils feront semblant d’invoquer le hasard pour occulter leur soif de sacrifices. L’amélioration, certains y croient encore mais l'espoir n'est pas une tactique, une option, une solution, il n'est que la synthèse d'une forte envie alors en attendant, on se consume à petit feu, on se détruit vaille que vaille se croyant, par une infantile insouciance et une grande ignorance, immortel. L’homme est sans cesse en quête d'amour mais celui qu’il donne n'est que le reflet de celui qu'il espère, qu’il réclame, qu’il mendie. Au final on pourrait concilier le dogme de la chute et la théorie de l'évolution en disant que l'homme remonte vers le lieu d'où il est tombé, du moins, il faut l’espérer.

 

          Le jour de ma mort, j'aimerai trainer quelque temps entre les planètes, sauter de galaxie en galaxie pour me repaitre de leur alchimie, d'univers en univers baigner dans la grande tornade cosmique de la vie. Au bout du chemin, enfin étape ultime, agenouillé devant mes juges célestes, implorer leurs indulgences pour mes absences, mes erreurs et mes lâchetés dont mon séjour terrestre fut émaillé. Une dernière fois, demander pardon aux hommes d'avoir vécu comme l'un d'entre eux. Je pense à ces êtres dans le besoin que j'ai ignoré, à ces femmes fragiles que j'ai trop et si mal aimé. En attente de rédemption de la part de mes frères séraphins, cette balade parmi les étoiles sera mon purgatoire avant, le retour tant espérer dans l'auberge flamboyante de la source première, de la divine cascade de lumière. La vie est une tragédie sur fond de symphonie fantastique.