La finance et ses courtisans 

20 DECEMBRE 2018

         L’autre jour, j’écoutais un CRS qui se plaignait de ne pas être aimé par la population, de ne pas être soutenu par sa hiérarchie et d’exécuter des ordres qu’il n’appréciait pas toujours. Il a même dit qu’il comprenait les gilets jaunes, mais que devoir de réserve oblige, il ne pouvait pas l’afficher et que, s’il chargeait et envoyait les gaz sur les manifestants c’est qu’il avait des ordres, le pauvre... Non, mais on rêve devant un tel discours, devant tant de lâcheté ! J’aimerais dire à ce Monsieur le CRS que son devoir est de servir et protéger la population et non des intérêts privés comme ce gouvernement qui, entre parenthèses, le prend pour un bon con parce qu’il l’exploite et le fait travailler dans des conditions déplorables. Qu’il s’abrite derrière des règles pour se trouver des excuses et des justificatifs à ses actes qu’il sait inacceptables. Que s’il avait une once d’éthique et une conscience propre, il y a longtemps qu’il aurait lui aussi revêtu le gilet jaune ou au minimum, refusé d’obéir. Que le moindre respect dû à son engagement serait de soutenir le peuple contre cette élite qui le méprise et le trahit et, qu’en faisant ce qu’il fait aujourd’hui en brutalisant et arrêtant les manifestants il dessert la justice et son pays.

         

          Maintenant, pour les commerçants et les petits artisans qui se lamentent sur leur chiffre d’affaires en baisse, qu’attendaient-ils pour, eux aussi, revêtir le gilet jaune et descendre dans la rue ? Eux qui se plaignent à longueur d’année de crouler sous les taxes, les charges et les impôts qu’ils payent, sur les retraites et les assurances de misères qu’ils ont. Devons-nous leur rappeler que dans la rue les citoyens en révolte se battent aussi pour eux alors, où est leur solidarité quand ils gardent leurs commerces et leurs petites entreprises ouvertes ? Ils ne connaissent pas la crise ?

          Parlons aussi de ces médias où pérorent les collabos du système qui osent encore s'appeler "journaliste", qui travestissent ou manipulent la vérité. Qui focalisent sur les violences dans les manifestations, mais ne font jamais allusion à la mère de toutes les violences, celle des institutions, de ce gouvernement qui pousse les gens à la misère, à la déchéance, au suicide. Ils ne s'attardent pas non plus sur la violence policière à la botte et au service de la première qui la tient en laisse pour étouffer la seconde qui lutte et peine à se faire entendre. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. Quel mensonge, quel relent de pourriture de leur part ! Des hyènes aux services des loups avec

leur armée de chiens de garde pour massacrer les moutons qu’ils tondent, mais qui pourtant les engraissent !

          N’oublions pas les syndicats qui ne représentent plus qu’eux même depuis qu’ils se sont acoquinés avec les pouvoirs successifs ces trente dernières années. Comme les élus de haut rang, ils tapent aussi dans la caisse et font la morale aux travailleurs qu’ils sont censés défendre. Comme quoi il faut négocier et accepter d’avaler quelques couleuvres pour espérer avoir des miettes. Ils sont incapables de solidarité entre eux et qui, comme le mouvement des gilets jaunes est hors de leur contrôle, sont soudainement épris d’ordre républicain, les imposteurs...  

  

          Voilà maintenant depuis plusieurs décennies que les conditions de vie des citoyens se détériorent, qu’on supprime petit à petit et insidieusement toutes leurs libertés. Les imbéciles corrompus feignent de s’étonner de cette juste révolte qu’ils s’efforcent de ridiculiser et de minimiser. La poignée de milliardaires qui gouvernent au travers de leurs hommes de paille s’emploie à anéantir le système social issu du CNR. Ce que demandent les gilets jaunes ce n’est pas l’égalité, mais l’équité et le droit de décider pour eux même sans que des salopards viennent pourrir leurs vies et celle de leurs enfants. Seulement voilà, les ultras riches n’acceptent pas le partage et, afin de continuer à gaspiller et se goinfrer, ils font crever à terme toute une nation... Ne croyez pas que cela va s’arrêter Messieurs les petits dictateurs, les petits censeurs, car par votre mépris et votre répression, la rancœur dans les esprits s’est transformée en haine dans les cœurs. Vous avez déclaré la guerre au peuple en agressant ses citoyens, vous récoltez une révolution...

          La politique n’a plus sa place dans la cité. Elle a été chassée par la finance et pour preuve, c’est aujourd’hui un pur produit banquier qui est à la tête de l’état. Emmanuel Macron est l’incarnation absolue du système financier, avec ses appuis richissimes il a décapité la classe politique et les partis. Pour ces milliardaires, ils n’avaient plus aucun intérêt à leurs yeux puisque maintenant, ils font officiellement le job eux-mêmes aux vues de tous, et imposent directement leur politique de la rapacité et du profit grâce et avec l’assentiment d’une petite majorité de crétins qui, incapables de lire un programme et de réfléchir sans télé, votent avec leurs pieds.