Les délires coloniaux

19 FEVRIER 2018

      Un sirocco haletait sa respiration ardente sur les tentes bédouines et faisait danser les grains de sable en tourbillon anarchique autour du campement. À l’intérieur une femme servait le thé brulant dans des tasses de grès. Assis en tailleur sur des tapis persans, les hommes palabraient sur les saisons, les moissons, les troupeaux. Dans un coin du dôme de toile, les enfants chahutaient en riant. La caravane avait fait halte près d’une oasis, mini palmeraie, source de vie au milieu de nulle part.

 

      Puis soudainement, deux F16 à la bannière étoilée ont violé le silence du désert. De leurs flancs quatre missiles ont surgi pour frapper à quelques kilomètres de là un village en terre battue où quelques barbus allumés prêchaient la charia. Résultat, une poignée de pseudo terroristes abattue, une école rasée avec ses vingt gamins carbonisés gisant sous les décombres, une localité et ses habitants rayés du monde des vivants.

      Au nom d'une démocratie totalitaire et mensongère s'abreuvant au pétrole, une nouvelle attaque en territoire autonome venait de faire naitre des vocations de résistants portant en eux la haine de l'occident. Ces fermiers, artisans et leurs descendances déverseront leurs colères et leurs frustrations jusque dans les aéroports, les gares et lieux publics de leurs agresseurs faisant à leur tour d'innocentes victimes...

 

      Shell, BP, Total et consœurs, pourrissent le continent africain, s'approprient et polluent les terres cultivables à la recherche de l'or noir. Pour cela, ils financent les élections de dictateurs fous et incultes qui massacreront leur peuple à des fins hégémoniques et mercantiles. Les grands laboratoires pharmaceutiques se servent de ces populations pour des tests grandeur nature. Ils ont transformé le berceau de l'humanité en bagne pour enfants et enfer pour les survivants de la faim et de la soif.

 

      Voilà le tribu des politiques agressives et colonisatrices des nations pour qui seules compte domination et richesse. La violence est le dernier refuge de l'incompétence. Dans les réunions des puissances financières, la vie n'a droit de citer que par ce qu'elle rapporte, produit et enrichit sinon, autant l'éliminer si elle fait obstacle à leur rapacité. Hier, l'Iraq, l'Afghanistan, la Libye... Aujourd'hui la Syrie, le Yémen et demain, l'Iran, etc.. Et, tout cela au nom des droits de l'homme, on croit rêver.

 

      Le même discours moralisateur et mensonger depuis des années. Les méchants Russes contre les gentils Américains, les vilains Arabes contre les pauvres Israéliens, les horribles gauchistes contre les merveilleux capitalistes, les humanistes écervelés contre les réalistes libéraux etc ...

 

      Ceci est le monde actuel dans lequel nous vivons. Nous sommes responsables d'élire, mais surtout de garder comme dirigeants représentant VRP des grands argentiers qui n'hésitent pas à fabriquer de faux attentats sur leur sol afin de justifier leurs délires coloniaux. En France, pays larbin des USA, les nôtres, depuis les dernières élections, se sont mis "En marche". C'est bien, s'ils pouvaient continuer à marcher très très loin et surtout ne pas s'arrêter cela nous reposerait et surtout, économiserait des vies.

 

      Comment est-il possible que des hommes arrivent à quitter ce qu'ils ont de plus précieux, de plus cher, leur famille, leur femme, leurs enfants pour aller tuer à l'autre bout du monde dans un pays dont ils ignorent tout, des hommes qu'ils n'ont jamais vu et tout cela suite à des discours hypnotiques et mensongers d'hommes politiques qui ne pensent qu'à leur carrière et leur bien-être ? Voilà une énigme à résoudre.

 

     Aussi triste, insensé et terrible que cela soit, il faut bien le constater, l'homme est en guerre contre l'homme. Nous cherchons toujours les envahisseurs hors de nos murs. Nous croyons toujours que l'agression vient de l'extérieur. Puis, nous nous retournons et découvrons qu'il vient de l'intérieur de la tête du voisin, d'un concitoyen élevé au rang de dirigeant. Les enjeux, le pouvoir et l'argent autrement dit : du vent... Oui du vent, car l'imbécile à sa dernière heure ne fera que constater la vacuité de cette quête inutile. Qu'emportera-t-il dans sa tombe et que justifiera son âme nue face à l'éternité ?