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Le silence des agneaux

30 JUILLET 2019

Peuple caméléon, peuple singe du maître,

On dirait qu’un esprit anime mille corps ;

C’est bien là que les gens sont de simples ressorts…

 

          Émigration, religion, sexualité, voilà des tabous devant lesquels maintenant, il est de bon ton de se prosterner. Chacun, de l’actif au retraité, se persuade d’avoir un tas de choses à perdre et en particulier sa place au sein de ce beau monde qui pense très bien. Au milieu de la foule, on préfère trahir sa conscience plutôt que d’être suspecté de ne pas être convaincu. On prend l’habitude d’adapter ses postures aux circonstances. Incapable de briser la respectabilité au nom de la croyance imposée. Juger comme tout le microcosme médiatique. La pensée unique érigée en règle, en loi, en morale du citadin bobo comme il faut. Le mensonge répétitif travesti en vérité fait que le courage est souvent dû à l’inconscience, tandis que la lâcheté s’appuie toujours sur de solides informations. Alors on s’excuse de vivre, on rampe, on dénonce, car il faut offrir sa compassion. S’humilier par orgueil, se dénigrer pour mieux s’adorer, être les premiers des moutons, voilà l’ambition. Si quelqu’un ou quelqu’une ose la contestation, alors on réduit le déviant à son extraction, son inculture, son manque d’éducation, à sa misère et ainsi la morale de la pensée unique est sauve. Aujourd’hui, il est grave, voir criminel qu’une personne normale et structurée émette des doutes, si subtils et factuels soient-ils sur notre capacité au mélange et au vivre ensemble pourtant, bande de singes incultes, personne n’est mon semblable ! Ma chair n’est pas leur chair ni ma pensée leur pensée. Dans un pays où la seule manière de réfléchir s’appelle télévision et qui a le foot pour principale religion, il est primordial que les foyers soient câblés, peu importe si les neurones eux, sont déconnectés. Le concept d’évolution est piétiné par celui de régression. On n’a rien trouvé de mieux que de censurer la critique pour faire d’une opinion une vérité. Depuis le temps des cavernes, l’histoire humaine le prouve, c’est encore l’absurde qui a le plus de martyrs.

 

          Triste Europe, pauvre France, continent et pays si prévisibles, si avides de disparaître que les vaincre en est presque insultant. Entre les revendications des uns et la peur des autres, ils ont fait du système leur système. S’abritant derrière les beaux concepts comme la démocratie, les droits de l’homme ou la liberté, ils ont autorisé toutes les dérives sectaires pour diviser, communautariser. Les exemples ne manquent pas, les uns avec leur religion dévoyée au nom de leur prophète guerrier, pillent, violent et agressent impunément dans l’ébriété de leur violence au cri de Dieu est grand ! Ils règnent en roi dans certaines cités maintenant interdites aux Gaulois infidèles, mais n’en parlez pas sinon vous seriez islamophobes. Les autres, avec une politique conquérante envahissent et colonisent des territoires s’abritant derrière une sainte Shoah afin d’être intouchables. Critiquez-les et vous serez antisémites alors, laissez-les asservir un peuple et contrôler les flux monétaires des grandes institutions financières et noyauter les gouvernements. Puis, n’oublions pas la toute nouvelle religion sexuelle des LGBT, celle que l’on veut nous imposer comme la normalité, nous présenter comme le socle même de la nature humaine. La fameuse théorie du genre, interdit de critiquer, car vous seriez taxé d’abominable homophobe, de réac, de facho, alors il est de bon ton de défiler maquillée comme une voiture volée avec une plume dans le cul en revendiquant le droit d’étaler sa sexualité, de nous la balancer en pleine gueule afin que nous comprenions à quel point nous sommes rétrogrades et arriérés. Pour finir, nos chers biens pensants exigent que nous larmoyions sur ces humbles émigrants oubliant par la même les millions de pauvres que nous avons chez nous, mais il est vrai que la misère venue d’ailleurs est plus exotique. Cette misère qui n’est que le résultat des conflits initiés par nos dirigeants pour piller leurs nations et se fabriquer une main d’œuvre à bon marché. Le mouton ne s’arrête qu’aux effets, incapable qu’il est d’en analyser les causes et, s’indigner le cul sur une chaise donne bonne conscience aux cons ! Devant le silence des agneaux, les loups prolifèrent… Entendons-nous bien, je n’ai absolument rien contre les musulmans, les juifs ou les homosexuels, chacun est libre de ses opinions et de ses pratiques, mais commencer à imposer ses règles au-dessus des lois d’une société multiraciale, multiethnique, multiculturelle et c’est le vivre ensemble qui se détériore, la montée de l’intolérance et du racisme. Défendre ses droits oui, piétiner ses devoirs non ! Et je plains tout autant ces pauvres déracinés par les guerres dont nos gouvernements sont responsables.

 

          Le cortège de conneries s’est banalisé au fil des années et des renoncements législatifs de la nation. Chaque corporatiste pense trouver la grâce dans le mal et le Graal dans les égouts de sa folie. Et que dire de ce peuple de la république qui a appris à ne plus être, à baisser la tête, à se renier. Ils ont tout fait pour le tuer et il a tout fait pour mourir encouragé par des élus corrompus sous les ordres de leurs dirigeants successifs. Le principe est toujours le même, nous occuper sans demander notre avis. Les conquérants s’imposent sans heurt profitant des failles d’un système apeuré avec la complicité des infidèles qu’ils culpabilisent à souhait et dont la morale leur échappe. La philosophie du nombre semble la seule philosophie de l’histoire. Maquiller sa lâcheté en supériorité ça, l’Occident sait faire. On est ce qu’on est et les jérémiades n’y changeront rien, car le principe de réalité est immuable et le simplet aveugle de bons sentiments envers le conquérant en prendra plein la gueule le moment venu. Le pouvoir de suggestion et quelques artifices c’est tout ce qu’il faut pour créer et entretenir de fausses légendes et le tour est joué. Il faut savoir parler à une société du spectacle en usant de ses propres codes.

 

          Comment maintenir une humanité cohérente, une moralité forte et une éthique individuelle saine dans une société dont l’équilibre sociétal est laminé par les pouvoirs sourds aux appels de leur peuple ? La religion a, à une époque, pallié aux problèmes d’injustice en préservant un semblant de paix communautaire par la peur de la perte de l’âme. La nécessité d’être bon avec autrui, de suivre des règles, de respecter les principes, dans la terreur d’un au-delà, de l’après. Mais maintenant que le monde tangue et que les religions se sont dévoyées, trahies par leurs représentants, les codes de la vie en communauté volent en éclat. À quel moment avons-nous perdu nos couilles, à quel moment sommes-nous devenus des agneaux, à quel moment avons appris la politesse de se faire humilier, insulter, tuer ? Chacun des bien-pensants a apporté son propre pavé à l’enfer. Ils sont devenus des êtres sans visage et sans nom dans un monde sans forme. Nous assistons à l’écrasement d’une civilisation hors d’usage. Alors devant ce silence et cette absence de réaction, naissent, prolifèrent et s’épanouissent les extrémistes qui face à l’abandon de la nation et de sa culture prônent la radicalité. Il faut se méfier des tribuns enfantés par les crises. Personnellement, entre l’utopie d’un dictateur ou l’hymne des fusils, je ne veux aucun de ces mondes. Pour vivre ensemble, tout est fonction d’une application et d’un respect strict des lois, car bien qu’imparfaite, une loi ne pourra jamais obliger un homme à m’aimer, mais il est important qu’elle lui interdise de me lyncher.

 

          La morale de cette histoire, c’est qu’une telle histoire n’a pas de morale. Les moralistes ont tué les réalistes, mais le réel tuera la morale.

 

          Tout royaume divisé contre lui-même périra ; et toute ville, toute maison divisée contre elle-même sera détruite.      

                                Matthieu, 12 : 25.

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