Sauver la vie, être libre

20 NOVEMBRE 2020

          Une course contre la montre est engagée entre la nature et la bêtise humaine que les dirigeants alimentent en conduisant les peuples vers une transhumance suicidaire. Certains perçoivent ce mal-être ambiant, pressentent un conflit civilisationnel en devenir, la chute à terme inévitable de nos sociétés. D’autres feignent de l’ignorer par faiblesse ou conformisme. Les modes de pensées sont chamboulés et les certitudes vacillent et s’écroulent dans un univers de plus en plus violent. Le mal est profond et, devant l’urgence, les remèdes doivent être radicaux. Il faut changer les systèmes éducatifs et du monde du travail qui sont uniquement basés sur l’affrontement et la compétition. Il en résulte que les vainqueurs sont moins nombreux que les vaincus et d’un point de vue humain, et dans l’état actuel des choses, c’est stupide et mortifère pour notre civilisation à court terme. L’origine qui faisait de l’existence l’absolue priorité a été remplacée par sa valeur marchande, il faut le crier, le hurler pour réveiller les consciences. Les nuances n’auront droit de citer que lorsque l’on aura à nouveau réhabilité le principe fondateur de l’espèce qu’est la protection et l’évolution de la vie d’abord. Le matérialisme n’est qu’un moyen, un support, mais en aucun cas ne doit être le but. Ce que l’argent peut faire grâce à l’absence de conscience sur l’homme est sans limites cependant, ce que l’homme fait de l’argent qu’il possède en ait le reflet ou la noirceur de son âme.

          Trois clans possèdent un pouvoir destructeur et mettent en captivité nos libertés. Le premier est celui des marchands qui ne mesurent l’existence qu’à l’aulne de sa valeur financière et ne la considère qu’à travers le prisme de sa boulimie consommatrice. Ils nous ont appris à considérer l’autre qu’en millions de pixels au travers de nos téléphones portables. Le marché réduit les populations à l’esclavage des désirs matériels en créant d’incessantes envies grâce au martèlement d’une publicité hypnotique qui endort la réflexion et flatte la base de nos instincts. Les seconds sont les religieux qui à coups de moraline vous tartinent de culpabilité et vous dictent comment vivre prisonnier de leurs livres pour vous apprendre à soi-disant comment bien mourir. Ils vous promettent une vie après la vie que leurs délires mystiques ont fabriqué et vous imposent. Leur volonté à vous convertir est inflexible et certains, pour vous sauver, sont prêts à vous détruire. Ne souriez pas, ils appellent ça l’amour divin et le constat est que, face aux barbares de la foi imbécile, marches blanches et bougies ont l’efficacité de l’homéopathie sur un cancer en phase terminale. Les derniers sont les politiques qui ne sont que les VRP aux services des deux premiers. Ils sont là pour nous imposer une obéissance totale aux règles incontournables décidées par leurs employeurs. Tous les moyens sont bons pour conserver leurs postes et leurs avoirs. La violence armée, la terreur sanitaire, le communautarisme, l’appauvrissement et la dépendance financière sont les chaines et les prisons qu’ils nous imposent. Doucement, mais surement ils suppriment toutes nos libertés une à une. La vérité est qu’ils n’ont de pouvoir que ceux qu’on leur accorde et leur permet. Souvenez-vous que si l’homme ne peut s’endormir sereinement sous une dictature, il peut se réveiller dans un état qui le soit devenu durant son sommeil. Ce triptyque règne par la peur et le mensonge, leur puissance n’est bâtie que sur ces deux châteaux de sable. Si nous pouvons penser et réfléchir en dehors de ses prisons éphémères alors, naturellement la vérité s’impose et nous ressentons ce pour quoi nous sommes ainsi que l’essence de nos origines. N’en déplaise aux idiots qui se croient supérieurs, la solution est dans le peuple, pour le peuple et par le peuple.

          La vie moderne sur cette terre est suite d’incarcérations. De la naissance au cimetière, la liberté est étouffée dans des conditionnements. La petite enfance en parc, l’école en bahut, le travail en boite d’où l’on sort les weekends pour aller s’amuser en boite et pour finalement, inexorablement finir dans un cercueil ou une urne. Tout ce parcours aliène l’être humain à l’ordre qu’il s’impose à lui-même et qui est généré par un système financier et productif qu’il a conçu et qu’il vénère. Il devient urgent de commettre des actes de guérison, de responsabilité envers cette vie que nous voulons meilleure pour les générations futures. Intégrer l’existence dans l’équilibre et fuir les excès, bâtir la civilisation de la modération, car la vie n’a pas de prix, seul l’imbécile la monétise et ainsi la profane. Produire, posséder, amasser toujours plus et encore, est-ce à cela que notre présence ici se résume ? Le but est-il de finir le plus riche du cimetière avec en prime un cercueil avec les poignées en or, et s’il vous plait à l’intérieur pour s’accrocher une dernière fois à ces avoirs qui aliènent l’initiative et sclérosent la réflexion ? Chaque objet n’a de valeur que par son utilité. Quand va-t-on enfin s’apercevoir du ridicule de la situation, prendre conscience de la vacuité d’une telle existence ? Dans ce monde, l’indispensable n’a pas été résolu alors que le superflu n’a pas de limite. Ce modèle de société est financièrement ultralibéral, mais ultra liberticide pour les esprits indépendants et les opinions diverses qui n’adhèrent pas à la pensée unique, commerciale et commerçante. Il vous est interdit de raisonner en dehors des barbelés de leur dictature sous peine d’ostracisme. Vous n’êtes pas d’accord avec eux, vous refusez de faire allégeance alors, vous aurez droit à un enterrement de première classe, une mort civile sous le sceau de l’infamie dans les cases populistes, antisémites, islamophobes, homophobes, fachiste etc...

          Il faut se hâter de sauver la vie, parce que demain elle ne sera plus susceptible de l’être, pour la raison qu’elle ne voudra plus être sauvée, car, si cette civilisation est folle, elle fait aussi des fous. Dans cette époque, nous ne sommes que des prisonniers dont la seule liberté est d’avoir pu choisir notre prison faite de barreaux que nous pouvons limer. Être un héros aujourd’hui, c’est faire le maximum de ce que l’on peut pour autrui avec son cœur. Il n’y a pas de sauveur à attendre que soi-même pas plus qu’ici, il y a de grandeur sans tristesse quand il y a trop de cendre dans la poussière...

          Un sage Amérindien a dit : « C’est lorsque le dernier arbre aura été abattu, le dernier animal tué et la dernière rivière empoisonnée que les hommes se rendront compte que l’argent ne se mange pas ».