Le déséquilibre du monde

31 JUILLET 2017

          Surnuméraire sont actuellement les êtres sur cette planète. Presque huit milliards d’âmes à ce jour auquel s’ajoute 1,2% soit environ 83 millions d’individus supplémentaires par an grâce au nombre des naissances supérieur à celui des décès et, même si ce pourcentage restait stable, le nombre le constituant serait de fait, par le cumul de la base, exponentiel. Si cette croissance modeste de 1,2% continuait, la population mondiale atteindrait la densité d’une personne par mètre carré de terre émergée dans environ 700 ans. Et la masse des gens équivaudrait à la masse de la terre dans 2300 ans. Sans limite les hommes croissent et se reproduisent et les mathématiques ont ceci de terrible, c’est qu’entre le zéro et l’infini se promène le vertige qui entraîne irrémédiablement vers la chute. Si en Europe ou aux États Unis les chiffres ont tendance à diminuer, ils ne cessent de progresser de manière effrénée en Afrique et en Asie.

          L’homme aujourd’hui est confronté à ce problème majeur qui englobe et alimente tous les autres. La terre ne peut plus subvenir à la demande et aux besoins de tous ses habitants. Le productivisme imbécile assèche les ressources naturelles, pollue, détruit notre écosystème, dérègle notre environnement, notre climat. Plus la demande sera forte, car fonction du nombre croissant de consommateur, plus les dérèglements s’amplifieront jusqu’au point de non retour qui semble à la limite d’être atteint. Nos dirigeants qu’ils soient politiciens, industriels ou financiers, autruches tête et bec dans le sable, plus occupés à la captation des pouvoirs et à l’accumulation des richesses personnelles, non pas compris que ce système allait imploser. Un ancien ministre, crétin libéral, a dit cette phrase imbécile mais oh combien chargée de sens : « La montée du chômage prouve paradoxalement la bonne santé de notre courbe ascendante des naissances … ». Nous sommes embarqués dans un train démographique lancé à pleine vitesse qui ne fait plus de halte dans les gares et dont le conducteur rêvasse sur la couchette d’un wagon lit de première classe. Ce n’est pas une question morale ou un positionnement philosophique mais un constat factuel pour ne pas dire tout simplement le résultat d’une terrible opération arithmétique.

          Pour faire simple, les sociétés se résument en 3 parties. La première partie, les plus nombreux, celle des sans emplois, que personne n'écoute, qui n'a rien à perdre et qui, dans le monde, augmente rapidement de jour en jour. Puis, celle des travailleurs qui, elle aussi se divise en trois. Ceux qui se battent pour défendre les acquis sociaux et faire progresser la condition humaine, ceux qui subissent sans rien dire vivant dans la crainte de perdre leur emploi et enfin, ceux qui correctement ou bien rémunérés se croient à l'abri des licenciements et trouvent normal que se soient les classes qu'ils jugent inférieures, de subir les pertes de salaire, les délocalisations, le chômage et la misère. Et au-dessus, règne la troisième, une toute petite minorité, responsable de tout cela et qui se remplit les poches, se gave de richesse, bâtit et alimente leurs immenses fortunes avec la sueur et le stress de ceux qu'ils exploitent et de ceux qu'ils ont réduit à la misère. Il serait temps de prendre conscience que le luxe n'est excusable que dans un pays où personne ne meurt de faim ou de froid.

          La seule force d’un peuple est dans sa capacité à réfléchir, étudier, analyser puis ensuite agir au mieux de ses intérêts généraux. Les dirigeants d’officines privées l’ont bien compris et, c’est pour cela qu’ils ont acquis les médias (Presse, télé, radio …) afin de pouvoir  abaisser le niveau intellectuel des populations par toute une série d’artifices (Fausses informations, télé réalité, jeux débiles etc…). C’est dans la sous culture, l’écriture arrangée de l’histoire et l’absence d’autonomie de réflexion qu’on trouve tous les ingrédients nécessaires à l’acceptation tacite de l’esclavage de l’individu. Peut-être que si les gens éteignaient radios et télévisions, il y aurait un espoir de renouveau intellectuel et un vent de liberté qui ferait prendre conscience de cet urgent besoin d’humanité et d’écologie. C’est par cette absence d’autonomie de pensée le réel et par cet emprisonnement individualiste au matérialisme que périssent les civilisations.

          Maintenant, comment faire face à ce fléau avec humanité ? Terrible question. Nous avons privilégié l’individu à la communauté tant il est vrai que l’arbre qui s’écroule fait plus de vacarme qu’une forêt qui pousse mais maintenant, si rien est fait et vite, c’est la forêt toute entière qui risque de s’embraser. Alors devons nous en passer par un contrôle des naissances ? Devons nous changer de mode de consommation en admettant que la seule justification de la propriété c'est l’indispensable et, ce dont on n'a pas l'usage il faut le donner ? Savez vous qu’une juste répartition des richesses permettrait de nourrir jusqu’à 12 milliards d’habitants ? Évidemment pas avec nos modes de vie actuels…  Devons nous revoir la valeur des choses en l’étalonnant sur le besoin réel ayant admit que nécessité fait loi ? Devons nous privilégier la qualité de la vie plutôt que sa longévité et laisser le mot de la fin à dame nature ou au choix de l’individu concerné ? Où nous ont amené les dérives de la recherche du profit à tous crins et de la quête de l’éternelle jeunesse ? Comment tous ces distingués chercheurs et médecins qui se rêvaient experts en vie éternelle réagiront quand, devant la terrifiante et alarmante urgence, ils deviendront, dans un futur proche, ingénieurs en mort douce ? Baudrillard a prévenu : « Les grandes épidémies meurtrières ont disparu. Elles ont toutes été remplacées par une seule : la prolifération des êtres humains eux-mêmes. La surpopulation constitue une sorte d’épidémie lente et irrésistible, inverse de la peste et du choléra. On peut seulement espérer qu’elle s’arrêtera d’elle-même, une fois repue de vivants, comme le faisait la peste, une fois repue de cadavres. Le même réflexe de régulation jouera-t-il contre l’excès de vie qu’il a joué jadis contre l’excès de mort ? Car l’excès de vie est plus mortel encore. »

          Je ne peux imaginer que les petits malins qui tirent les ficelles et gèrent nos vies n’y ont pas pensé. Que nous préparent-ils : Guerres ? Avouez que c’est bien engagé partout sur le planisphère et, chaque jour les médias se chargent de nous conditionner petit à petit pour un conflit mondial. Épidémies, avec les essais et les produits chimiques qu’ils balancent sur le marché, la nourriture douteuse des grandes chaînes de distribution ou les vaccins qu’ils veulent rendre obligatoires, ai-je le droit de poser la question sans être traité de conspirationniste ? Ou alors, la bêtise ayant pris l’ascendant sur l’intelligence humaine la nature qu’on agresse en permanence se chargera du grand ménage ?

          Un monde fini ne peut soutenir qu’une population finie. Une terre et une humanité en équilibre, ce serait une population éduquées et capables d’auto-subsistance. 25 000 hommes, femmes, enfants meurent chaque jour de faim ou de malnutrition à travers le monde. Aucun fléau, aucune épidémie, aucune guerre n’a jamais, dans toute l’histoire de l’humanité, exigé un tel tribut.  C’est une chose terrible à dire, mais pour stabiliser la population mondiale, nous devrions perdre plusieurs centaines de milliers de personnes par jour. Le vieillissement de la population n’est pas le problème majeur, le curseur sur lequel il faudrait en urgence agir à la baisse est celui du taux de fécondité. C’est une chose horrible à dire, mais ne rien dire l’est encore plus.