Pour commencer, je tiens à préciser que je ne me considère pas comme un écrivain. L’appellation d’écrivain s’acquière par un travail de longue haleine, position que je suis incapable de tenir dans la durée, le terme est trop fort et fait référence à des génies dont l'excellence de la prose, autant dans la forme que dans le contenu, ne peut que vaguement effleurer un esprit moyen comme le mien. Les amateurs de mon acabit pallient, de temps à autres, leur manque d’imagination par de la mémoire. Nous allons piocher dans les paragraphes, les phrases et les termes déjà employés dans la littérature humaine des bribes et suites de mots que nous mélangeons et accommodons à notre sauce pour dresser un canevas grammatical plus ou moins digeste pour le lecteur potentiel. Je n’ai pas la prétention de rivaliser avec les professionnels de la plume et j’ai conscience que tout a déjà été écrit sous presque toutes ses formes, la difficulté réside dans le fait d’en trouver de nouvelles. Je suis et ne reste qu’un archéologue de l’imagination. Une fois les personnages dénichés dans les méandres de ma psyché, je les laisse cheminer sur le papier. Ils m’indiquent où ils désirent se rendre et, si par excès de confiance ou par égarement, je m’amuse à les dévier de leur route, ils me rappellent très vite que, si je bute devant un mur de page blanche, ce sont eux et seulement eux qui mènent la danse et qui me conduiront au bout de leur histoire. Un trait de plume c’est comme un éclair de lune, sans lumière les mots ne trouvent pas le papier. L'écriture est un dévidoir, la possibilité d'une fuite, force de survie qui m'aide à dé chosifier ce monde qui n'est pas le mien.

 

          Donc, ami lecteur, je fais appel à ton indulgence et ton esprit critique pour ta lecture de ces quelques textes issus de la nécessité purgative d’un cerveau encombré par les aléas d’un séjour terrestre d’un voyageur de passage.

                                                                            G

Note de l'auteur